Introduction

« Les effets du déséquilibre entre les sexes parmi les décideurs s'étendent au-delà des statistiques globales. Le manque de pouvoir et dinfluence exercés par les femmes dans le domaine public et la vie politique entrave les progrès vers un monde où la pauvreté est éradiquée et où les femmes et les hommes peuvent construire un avenir durable et sûr pour eux-mêmes et leurs familles. »

- Voluntary Service Overseas (2015), Women in Power: beyond access to influence in a post-2015 world.

Tout au long des négociations internationales sur le changement climatique qui se sont déroulées ces dernières années, parallèlement au processus d’adoption du programme de développement durable à l’horizon 2030, les gouvernements à travers le monde ont affirmé et convenu que la promotion de l’égalité des genres et la protection des droits fondamentaux des femmes sont indispensables afin de lutter efficacement contre le changement climatique et, par là même, d’édifier des sociétés pacifiques et viables.

Au moment des négociations qui se sont déroulées en 2018 lors de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en vue d’établir une politique climatique mondiale, les femmes constituaient, en moyenne, près de 40 % de l’ensemble des représentants nationaux des Parties et environ 30 % des chefs de délégation. Des recherches ont démontré que les déséquilibres entre les sexes différaient d’un pays et d’une région à l’autre. La participation des femmes en Europe orientale et occidentale, par exemple, atteint environ 45 %, tandis que ce taux s’élève à seulement 35 % en Afrique et dans la région Asie-Pacifique. Ces disparités peuvent également être constatées dans la participation aux volets de négociation de la CCNUCC : au sein des pays du groupe des pays d’Afrique (GA), des pays les moins avancés (PMA) et des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), les femmes sont moins représentées dans les délégations nationales.

Alors que les négociations sont en cours pour mettre en œuvre l’Accord de Paris, il convient également de s’assurer que les politiques climatiques et les mesures associées : (1) tiennent compte des structures de pouvoir et des perceptions sociales liées au genre, (2) reconnaissent et fournissent une réponse adaptée aux besoins, aux points de vue et aux droits des femmes et des hommes, et (3) renforcent et protègent les droits fondamentaux des femmes. Cela inclut le droit des femmes et des hommes à participer pleinement et efficacement aux processus de prise de décisions sur le climat.

Impulser le changement

La CCNUCC a œuvré pour renforcer le leadership des femmes dans les négociations sur le climat.

La Décision 23/CP.18 de la COP 18 sur la promotion de l’équilibre entre hommes et femmes et les moyens de renforcer la participation des femmes dans les négociations relatives à la Convention, a mis en lumière une prise de conscience des pays de l’importance d’assurer une participation équitable. Néanmoins, comme l’ont précisé de nombreux gouvernements et organisations de la société civile dans leurs observations de suivi sur les moyens permettant d’atteindre les objectifs énoncés dans la Décision, les mots seuls ne suffisent pas pour modifier véritablement les niveaux de participation, d’autant plus que les déséquilibres entre les sexes dans les processus de prise de décisions sont le reflet d’enjeux structurels sexospécifiques plus importants aux niveaux mondial, national et local. 

Afin de garantir la mise en œuvre efficace des politiques telles que la Décision 23/CP.18 et d’autres résolutions comme le Programme de travail de Lima relatif au genre, tout en assurant une participation plus équitable des femmes et des hommes, les engagements écrits doivent être traduits en actions concrètes. Ces actions incluent l’augmentation des contributions financières et des investissements en faveur de la formation et du développement professionnel, la mise en place d’activités de renforcement des capacités, et l’application de méthodologies et de processus novateurs pour parvenir non seulement à un équilibre numéral, mais aussi à une plus grande participation et influence des femmes dans les sphères de prise de décisions au niveau mondial.

Méthodologie

Les données mises en avant dans cette section ont été extraites des listes officielles des participants à la CCNUCC pour toutes les réunions qui se sont tenues entre 2008 et 2019, y compris l’ensemble des réunions intersessions et réunions de la Conférence des Parties. La collecte des données était uniquement axée sur les informations publiées par les participants aux délégations gouvernementales officielles et par les membres des commissions et organes de la CCNUCC ; les parties prenantes non gouvernementales n’ont pas été prises en compte.

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